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Le 9 Avril, la GM attaquait nos espaces de vie, débarquant à coup de blindés, de grenades et de dizaines d’escadrons. Dès le matin, les gendarmes contrôlaient les chemins autour de la Chèvrerie. A partir de 15h, la troupe brisait nos barricades et stationnait devant la maison, dont le toit était occupé par quelques ami-es. Trop confiante, la flicaille délaissa ses arrières, nous laissant la possibilité de reprendre le terrain. Et en effet, alors qu’ils pensaient avoir atteint cet objectif, nous débarquions à 20, puis 40, puis 80. Entre lacrymogènes et jets de bouteilles, la vie reprenait à la Chèvrerie : un café coule, des sandwichs se font croquer, on ouvre un carnet de chant... Il a fallu attendre 19h pour que la gendarmerie reconnaisse son échec et batte en retraite.

Nous ne nous attendions pas du tout à tenir toute cette première journée. Ni à voir débarquer plus de 80 personnes devant notre habitat. Merci, merci à tous-tes d’avoir rendu ça possible.

Le lendemain matin, ils sont revenus en force, ont délogé les ami-es sur le toit en blessant gravement l’un d’elleux* et ont rasé notre bicoque de 2 grands coups de pelleteuse. La maison au sol ; mais néanmoins presque intacte : la plupart des poutres en un seul morceau, ni l’infokiosque ni les tôles ne sont froissées. Sur la table au milieu du salon, il y a même une théière en terre cuite, encore remplie d’eau. C’est exactement ce qu’ils ont fait : démolir ce qui est visible, sans comprendre que c’est dans les fondations que se trouve notre force.

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Le soir même, nous réannoncions notre détermination à reconstruire.

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Toute la semaine, comme nos voisin-es nous avons déblayé les décombres à la place des condés et de leurs camions benne. Tout ce qui peut servir à reconstruire, de côté, le reste en barricade. Des dizaines de personnes sont venues nous aider dans cette tâche, respectueuses de notre tristesse et partageant notre colère. Ça n’a pas plu aux forces de l’Ordre, qui nous ont même chargé à 60 contre 8 (!) un jour où nous y travaillions.

Dimanche ils nous empêchaient par un dispositif hors norme d’aller reconstruire. Soit, le Samedi suivant (21/4) nous montions quand même une petite cabane à la place de la Chèvrerie. Pour abriter les chats. L’un d’eux vit ici depuis 7 ans alors, lui proposer de déménager, ça lui allait pas trop...Puis une plate-forme, à 7m de haut, levée par une trentaine de personnes. Lundi matin, ils revenaient briser au plus vite cet affront à la destruction.

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Opération policière à 300 000€ par jour, reconstructionS à prix libre

Mais, quitte à se répéter, on reviendra et on reconstruira. Nous ferons d’autres constructions sommaires et, quand enfin l’Etat n’aura plus assez d’argent et aura suffisamment retiré ses pantins bleus, nous construirons une vraie cabane. En terre paille, avec des arrondis dans les angles, des sculptures sur les murs et une baie vitré au Sud. Comme avant en mieux, quoi. Nous pourrons revenir cultiver le jardin, entretenir les 40 arbres du verger, lire au pied des saules et vivre ensemble les prochaines aventures de la Zad..

La chèvrerie ne tombera pas !

Les habitant et habitantes de la Chèvrerie

A voir, court métrage « La Chèvrerie ne tombera pas » https://www.youtube.com/watch?v=P8Eql5VxGdk

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  • tiré du toit par les pieds, accrochant ses mains à la tôle, cet ami a été blessé à 7 doigts. 2 tendons sectionnés, 42 points de suture sur les doigts de la main droite, 12 sur l’autre. Ils ont pris le temps de lui tordre les doigts avant de l’envoyer menotté à l’hôpital.